Elections en France: quand le burlesque ne fait plus rire

150304- BurlesqueSavez-vous que nous allons avoir des élections départementales à la fin de ce mois et, à la fin de l’année, des élections régionales ? Bien sûr, chers lecteurs éclairés de ce blog, vous le savez. Pourtant, comme-moi, n’avez-vous pas le sentiment que « l’on se fout de notre gueule ! » (Je sais, je sais, dans un blog aussi policé que celui-ci, cette interjection est un peu vulgaire … mais, de temps en temps, ça soulage ! )

En fait,  sans aller jusqu’à dire que ces futures élections ne servent à rien, on ne peut que s’interroger sur l’indigence du fonctionnement de notre système politique qui amène les Français à la fin de ce mois:

  • à élire une assemblée, maintenant nommée « conseil départemental » (au lieu de « conseil général »: quelle réforme !) dont on ne connaît ni les responsabilités dans un avenir proche, ni la durée de vie,
  • à voter pour 2 personnes par canton; alors que l’idée provient d’un projet de création de « conseillers territoriaux » qui devaient siéger au département et à la région, projet aujourd’hui abandonné.

Seul point positif la parité est maintenant obligatoire.

Constatons également que, en doublant le nombre de « conseillers départementaux » par canton, on a pensé à diviser le nombre de cantons par deux. Au moins avons-nous évité l’écueil de voir le nombre d’élus augmenter.

Revers de la médaille, sur des territoires ainsi agrandis, ceci interdit à une personnalité « indépendante » d’émerger; le « jeu » est forcément plus politisé, il faut trouver « 4 candidats(e)s déjà plus ou moins connus, » l’étiquette partisane devient prépondérante.

Avez-vous lu les programmes des candidats ? … pour l’instant, il n’y en n’a pas ! Le tout est de bouter les majorités sortantes, de savoir si le F.N. va l’emporter, si le P.S. va résister, si le sigle UMP-PS est plus représentatif que FN-PS …

Dans cette bataille nombriliste, peu importe les réponses aux questions basiques que nous nous posons: quel avenir pour notre territoire ?  Comment vont être utilisés les 415 Millions d’Euros du budget de l’Ardèche (à périmètre de responsabilités constant) ? Quelles réussites et critiques de la dernière mandature ? Sur quelles orientations et quels objectifs s’engagent les candidats ? Comment voient-ils les nouvelles relations département / région dans le cadre de la réforme en cours ?

La gabegie de la politique nationale est-elle en train d’atteindre la politique locale ?

Faisons attention à ce que notre système politique ne s’inspire du « Canada Dry »

« ça ressemble à de la démocratie, ça a le goût de la démocratie mais ce n’est plus de la démocratie ! »

Dernière minute: pour compléter ce texte voir dépêche AFP d’hier – clic –. Comme chantait feu Alain Bashung : « ça fait frémir, faut savoir dire stop, Gaby, Gaby »

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4 réponses à Elections en France: quand le burlesque ne fait plus rire

  1. Sylvie D. dit :

    Très intéressant tout ça. C’est quand même incroyable, on ne commence à parler des Départementales que depuis aujourd’hui sur France Info … et Valls qui crie au loup devant le risque du FN; or presque personne ne s’est mobilisé pour ces départementales sauf dans les partis éléphants où beaucoup de gens déjà élus se sont encore portés candidats. Les gens n’ont pas été motivés pour agir dans les autres partis puisqu’il n’y a eu aucune pub et on a pu servir toujours les mêmes sur un plateau.
    En plus réfléchir pour qui on va voter alors qu’on ne sait pas pour quoi on va voter, les compétences n’étant pas encore définies!
    Et des gens se présentent sans savoir exactement à quoi ils « devraient servir ». Un vrai vaisseau fantôme, notre gouvernement …
    Cette fois, je pense que ça ne vaut pas le déplacement d’aller voter …

    • modem07 dit :

      Des remarques pleines de bons sens. Quelques précisions néanmoins:

      « sauf quelques partis éléphants … »: au MoDem Ardèche, nous alertons depuis septembre 2013. Nous avons fait 3 réunions sur le sujet, participé à 3 réunions régionales et réalisé 2 présentations power-point sur la réforme territoriale en-cours … Je trouve que, au contraire, les « partis éléphants » ont été des « moutons suiveurs » et plutôt absents. Modestement, nous essayons à notre niveau et sommes toujours prêts à faire des réunions d’information si on nous le demande. Par contre, c’est vrai, qu’au moment de préparer les élections ces mêmes partis, ont la puissance nécessaire pour présenter des candidats (voir ci-dessous); pas nous: à nous de convaincre et de retrousser les manches.

      « beaucoup de gens élus se sont encore portés candidats »:
      Vrai: le fait de « regrouper » plusieurs cantons fait que, pour avoir une certaine visibilité et, ainsi, avoir des chances d’être élu, il faut que le candidat soit déjà connu. C’est donc plus difficile pour une « personne issue de la société civile » d’être candidate. Par contre-coup, les personnes n’étant pas connues, le débat départemental se limitera, de plus en plus, à une guérilla inter-étiquette, escamotant en cela le débat de fond.
      Faux: … pour les dames. Aujourd’hui, pour tous les partis, y compris les « éléphants », l’obligation de parité impose de trouver des « dames » souhaitant se présenter. C’est une difficulté pour les partis politiques et des élus en place majoritairement « masculins »: aujourd’hui toute dame souhaitant se « lancer en politique » est la bienvenue et peut très rapidement se voir proposer d’être candidate avec de grandes chances d’être élue. Mesdames, à vous de jouer.

      « je pense que ça ne vaut pas le coup d’aller voter »: pas d’accord – bien sûr :-) (je sais que c’est une réaction de colère) – , quand on voit ce qui se passe dans le monde, on n’a pas le droit de ne pas participer à tout acte démocratique, même si celui-ci nous semble galvaudé. Pour ceux qui, pour différentes raisons, se trouvent éloignés, il y a toujours la possibilité de « voter par correspondance ou de faire une procuration », pratiques aujourd’hui facilitées via internet

      Merci pour ta contribution au débat,

      Claude Escande

      • Sylvie D. dit :

        C’est vrai, j’ai entendu parler de ces élections par le MoDem uniquement.
        Je voulais dire qu’on n’en a fait aucune publicité ( radio, télé …) et tout d’un coup, on annonce qu’il faut voter dans moins de 2 semaines .
        Par exemple, je suis sûre que si on en en avait parlé dans les média, il y aurait eu des femmes ( par exemple) , autres que des » personnalités » qui se seraient présentées. On ne peut pas dire qu’il y a eu une stimulation de la part du gouvernement pour se présenter à cette élection.
        D’habitude, pour les municipales, les présidentielles…on nous rabattait les oreilles sur les élections : là, ce fut le silence radio jusqu’à ce dimanche. Étrange !

  2. Vincent Yllamola dit :

    Bonjour
    Et il y a une chose qui n’a pas été abordé, tous les conseils départementaux vont devoir changer leur fronton, papier à en tête, site internet le prix que ça va couté l’argent aurait pu aller ailleurs.

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