Conseil National MoDem du 7 Février 2015

Désolé, cet article est un peu long … mais la réunion l’était  aussi … :-)

Claude Escande


 

Photo PR 1La presse, via l’AFP (voir l’article de Libération joint – clic ), vient de relater cette réunion où, suite aux élections internes MoDem de décembre dernier, bon nombre de nouveaux Conseillers Nationaux étaient présents. L’ambiance était studieuse, le débat critique et de qualité, la réponse de nos responsables nationaux très documentée, s’appuyant sur des faits et non sur des dogmes.

Bien entendu la presse met, avant tout, le doigt sur les futures élections régionales et … les problèmes de personnes. En fait, François Bayrou a principalement insisté sur:

  • le besoin de rassemblement autour d’idées et de valeurs trans-partis politiques
  • l’attente de nos concitoyens de « renouvellement », aussi bien des personnes que des comportements (en particulier sur le fait de « dire la vérité »)

La nomination de « têtes de listes » avec lesquelles le MoDem travaillera répondra à ces deux critères. A ce titre,

  • Le MoDem en tant que mouvement politique, estime que, dans ses rangs des personnalités peuvent faire acte de candidature (d’où les exemples donnés dans l’article de Libération … qui est allé un peu vite en besogne quant aux « nominations » – note du rédacteur de ce post – ).
  • Le MoDem examinera toute possibilité de rassemblement avec d’autres forces vives (politiques ou non),
  • Pour la future région Auvergne – Rhône-Alpes, François Bayrou a exprimé le regret de voir que Michel Barnier n’avait pas été investi par l’U.M.P., confirmant ainsi son interview dans le Progrès de Lyon de la semaine dernière.

Pour être plus précis, ce positionnement sur les régionales avait été précédé par une analyse globale de la situation politique en France; à savoir

  1. Une désaffection – voire un rejet – des Français pour le « système politique actuel ». Pour preuve:
    • niveau de participation aux élections de plus en plus bas,
    • extrême difficulté de tous les partis pour trouver des candidats aux futures élections départementales,
    • envie de « renverser la table », comme en Grèce, mais, chez nous, via le Front National.
  2. A contrario, en référence au mouvement citoyen qui a suivi les attentats de Charlie-Hebdo et du supermarché casher, une leçon donné au monde politique par les Français en exprimant une volonté de réaction collective et unie face au terrorisme, bien sûr, mais également face aux défis auxquels est confronté notre pays.Photo ensemble
  3. Une non-réponse des structures politiques actuelles à cette attente:
    • Même si on sent une « bonne volonté » du gouvernement – tout n’est pas à jeter – on comprend qu’il n’y aura plus de réformes constitutionnelles* traitant les problèmes réels du pays (Ecole, droit social, droit fiscal, fonctionnement démocratique … )
    • Le P.S. rêve toujours d’une hypothétique alliance avec la « gauche de sa gauche » et les Verts  (ndlr – tiens, il nous semble déjà avoir dit ça – clic – ) basée sur une division dogmatique qui, de fait, rejette le MoDem,
    • L’U.M.P. se doit de choisir entre une dérive droitière libérale / conservatrice et une démarche réformiste de rassemblement personnalisée par la compétition N. Sarkozy / A. Juppé,
    • L’ U.D.I., qui est notre allié naturel, va peu à peu retrouver un équilibre suite au départ de J.L. Borloo, aux élections internes qui viennent de se dérouler et leur positionnement en regard de l’évolution de l’U.M.P.,
    • le F.N., comme dans tout pays en crise, surfe sur la vague d’un mécontentement (réel et justifié) en offrant des solutions éculées et dangereuses de « repli sur soi » et de « c’est la faute aux autres » qu’il nous faut inlassablement dénoncer.
  4. Dans ce contexte, même si ce n’est pas électoralement « payant », le MoDem se doit de poursuivre son combat:
    • de rassemblement avec toute personne (ou entité) issue du monde politique et/ou associatif exprimant un volonté de réforme non-partisane,
    • de transparence et de vérité
    • d’émetteur de propositions concrètes et applicables rapidement.

* On notera que lors du débat, François Bayrou a confirmé notre « scepticisme » quant au bien fondé ( et l’objectif) de la réforme territoriale en-cours.

Au niveau international, avec des interventions complémentaires de Marielle de Sarnez, Nathalie Griesbeck, Jean Lassalle, Robert Rochefort et Yann Wehrling, ont été abordés les points suivants

  • Daesh / Moyen-Orient – Nord-Afrique: François Bayrou a estimé que le comportement de la France était le bon et, en conséquence, a insisté sur la nécessité de maintenir la capacité d’intervention militaire si on voulait que la France tienne son rang
  • Ukraine: l’enjeu des négociations actuelles est le risque de guerre généralisée, risque non nul dans la mesure où le conflit est alimenté de fait par la Russie. A noter l’absence de réponse « européenne »; sujet préoccupant.
  • Le réchauffement climatique: J. Lassalle et Y. Wehrling nous ont dit leur certitude de l’inefficacité et du côté « folklorique » des « grands messes » auxquelles ils ont assisté. Elles fixent des objectifs au niveau mondial à 20 ou 30 ans et, avec le recul, se bornent à constater que ceux-ci ne sont pas – ou ne seront pas – atteints. Leur seul intérêt est la « communication » sur le problème et ses conséquences possibles; les réponses doivent se faire au niveau local et national et faire l’objet de propositions concrètes et vérifiables des instances politiques.
  • La dette grecque et l’Europe
    • François Bayrou craint une désillusion à court-terme du peuple grec, désillusion qui pourrait avoir des conséquences politiques imprévisibles; le fond du problème étant: le nouveau gouvernement grec n’a pas les moyens de financer ses promesses … et il ne peut demander de l’argent supplémentaire avec le discours « nous ne rembourserons pas » (ndr: voir nos articles sur le sujet – clic ici –  ou – clic là )Grèce
    • M. de Sarnez estime que l’Europe doit aider le gouvernement grec à régler ses problèmes internes. A ce titre il devient urgent que l’Europe définisse une politique fiscale commune; il ne peut y avoir de compétition inter-états sur le sujet. (Ndr: Lors du débat a été abordé le cas du Luxembourg et de la non-crédibilité de M. Juncker sur le sujet).
    • R. Rochefort a, en continuité, insisté sur la nécessité d’une réforme de la gouvernance de l’Europe et de ses procédures de décisions obsolètes,
    • Jean Lassalle, qui au cours de l’extension européenne de sa « marche » est allé en Grèce, a insisté sur la prise en compte nécessaire du désarroi des personnes rencontrées et de leur incompréhension totale (voire de l’agressivité inquiétante) vis à vis de l’Allemagne.

 

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