A propos des 500 signatures de Mme Le Pen

Le week-end s’était bien passé. F. Bayrou avait été ferme dans ses réactions aux « valeurs » présentées par N. Sarkozy dans « Le Figaro Magazine ». Pris par une réunion de famille, je n’avais donc pas regardé les infos sinon pour connaître les raisons du report du match de rugby France-Irlande.

Un message m’attendait sur ce blog. Avec l’accord de Mme Blin, auteur de cet envoi, que je remercie beaucoup pour ce dialogue démocratique, vous trouverez ci-après ce courrier ainsi que ma réponse (qui n’engage que moi).

Tout d’abord, le message de Mme Blin:

Sujet : 500 signatures

J’écoute les différents candidats à l’élection présidentielle. Je souscris aux convictions humanistes affirmées avec force par François Bayrou il y a quelques jours. Et puis, ce matin, j’apprends que monsieur Bayrou s’inquiète pour la candidate Le Pen : aura -t-elle les 500 signatures ?

C’est en effet une question très importante pour le respect de la démocratie dans la situation actuelle ! Il faudrait donc réunir les partis politiques pour sauver la candidate d’extrême droite au nom des valeurs de la République ! Je me pince pour savoir si j’ai bien entendu !

On aurait compris que F.B. veuille réunir les différents partis pour s’intéresser au sort de ceux qui, faute de moyens, ne peuvent plus se loger, se chauffer, se soigner… mais …

Pour ma part, je pense que ce parti d’extrême droite qui a de qui tenir dans l’histoire, aurait dû être interdit depuis le début, depuis sa création. S’il a prospéré, la responsabilité en incombe à tous nos dirigeants successifs au fil des années. Maintenant qu’il a pris de l’ampleur, – ceci à cause de l’incurie sociale française et EUROPEENNE, il est difficile maintenant de le faire.

Mais de là à le soutenir ! … C’est pourtant ce que fait F.B. ! Il vous appartient de clarifier la situation, car entre les deux propositions citées précédemment, il y a une très, très grosse contradiction.
Mais comme je dis à mes amis, François Bayrou est en lévitation avant les élections et il retombe toujours du même côté juste avant ou après. »

Ma réponse:

Madame,
Tout d’abord merci de l’intérêt que vous portez à notre modeste blog « MoDem Ardèche ».

Pour ce qui est du probème que vous évoquez, je dois avouer que, étant en réunion de famille ce week-end, je n’ai pas écouté les infos et c’est vous qui me l’avez appris.
Ma première réaction a été la même que la vôtre: « qu’est-ce que c’est que cette histoire? » …. alors que j’étais parti en week-end regonflé par les derniers propos de F. Bayrou dans la déclinaison « aspect social » de son programme et en réactions aux orientations de M. Sarkozy

Je savais que:

  •  Madame Le Pen, comme le faisait son père d’habitude, craignait de ne pas avoir « ses » signatures et criait au loup,
  • Cette hypothèse avait été envisagée puisque
    • interrogés, les candidats de tout bord disaient que, en gros, « ce serait dommageable pour la démocratie » … mais que si les rêgles devaient être revues ce ne serait qu’après les élections,
    • des sondages étaient apparus la semaine dernière pour imaginer les « conséquences » de cette hypothèse sur les votes au premier tour des présidentielles (Messieurs Sarkozy et Hollande étant alors crédités de 33 %).

 En lisant les articles concernant l’intervention de F. Bayrou, par exemple celui de l’Express , je ne l’interprète pas réellement comme un « appel » à aider Marine Le Pen a avoir ses signatures. Elle s’inscrit dans la suite logique de son questionnement quant au fonctionnement du système démocratique en France.

Quant à sa proposition « moi je suis prêt à en parler … si les autres sont prêts à en discuter » (tout est dans le « si ») je l’interprète même comme un « dégagement en touche » en renvoyant la balle vers les autres partis. En cette période, F.Bayrou sait parfaitement qu’il est impossible à l’UMP et le PS  de se réunir pour parler de quelque problème que ce soit. En fait c’est une « fin de non recevoir » … très politique d’un point de vue « tactique ».

Il semble bien que la réaction à cette intervention, en particulier par le PS (M. Manuel Valls), ait été vigoureuse et que celle-ci ait été relayée médatiquement. Cette réaction est d’autant plus virulante que le PS – mais c’est aussi valable pour les autres partis – a senti le « piège » arriver: vous, qui avez plein de signatures, vous qui dites à longueur de journée que ce ne serait pas bien si M. Le Pen n’était pas au premier tour, vous qui êtes pour la proportionnelle: quelle position avez-vous ? Même M Le Pen s’est retrouvée prise au piège et annonce que, maintenant, elle a déjà 400 signatures et qu’elle n’a pas besoin d’aide.

Je constate que, ce matin, le soufflé médiatique est complètement dégonflé … ce qui n’empêche aux citoyens lambda, comme vous et moi, de ressentir un décalage entre les jeux politiques et leurs propres convictions.

Au titre de ces convictions, si vous le souhaitez, je me permettrai d’envoyer votre courier (en respectant l’anonymat si vous le désirez) et ma réponse au Q.G. de campagne de F. Bayrou et, éventuellement, de les porter sur le blog MoDem Ardèche. Merci de me donner ou non votre accord.

Cordialement, … »

A titre de conclusion: F. Bayrou fait sienne la maxime

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. »

(Maxime injustement attribuée à Voltaire, si on en croit Wikipédia)

Claude Escande

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Une réponse à A propos des 500 signatures de Mme Le Pen

  1. Danielle MAGAND dit :

    Belle réponse où l’on voit qu’il faut laisser le temps à la réflexion avant de prendre part à un débat sur le vif; le vieil adage « retourne trois fois sa langue dans sa bouche avant de parler » se vérifie ici. Je me suis également interrogée sur cette « main tendue » à une candidate qui défend des idées si loin des nôtres mais ce n’est pas à la candidate en tant que telle mais bien à la défense de la démocratie : minima pour le mouvement démocrate…
    Je trouve dans la réponse une des raisons de continuer à espérer dans le changement avec François Bayrou.

Les commentaires sont fermés.