Le logement social et ses paradoxes

S’il y a un écheveau complexe à démêler c’est bien le problème du logement social au centre de nombreux paradoxes :

  • La mixité sociale prônée par nombre de personnes pour éviter les ghettos et les rassemblements communautaires se heurte à plusieurs règles ; tout d’abord le revenu des personnes qui désirent un logement dit « social » ne doit pas dépasser un certain plafond (différent selon la composition de la famille, le lieu d’implantation du logement et son mode de financement) ; cette contrainte est appliquée lors de la demande de logement , les vérifications de revenus ultérieures pouvant donner lieu à l’application d’un sur-loyer. Là aussi notre attitude peut être contradictoire lorsque nous nous étonnons que des personnes avec des revenus « corrects » restent dans des HLM : ne sont-ils pas le minimum pour une mixité  sociale réelle?
    Même si 70 % de la population française est exigible à un logement social compte-tenu de son seul revenu : le logement social s’adresse à des personnes dont les revenus ne permettent pas d’ « accéder à un logement décent et indépendant ». Cependant, en application de la loi SRU « toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières » a droit à ce type de logement. Selon les régions de France l’absence ou le manque de logements peut mettre en exergue cette contradiction.
  • Il est vrai que le chômage fait des ravages dans le milieu des ouvriers et des jeunes mais c’est une conséquence de la crise et non une cause : de tels logements ont souvent été le premier logement des salariés des industries avant d’aller vers l’acquisition. C’est pourquoi nombre d’organismes d’HLM encourage le parcours du locataire en encadrant le passage de la location à l’acquisition dans des conditions intéressantes. En attendant les chômeurs se retrouvent dans ces cités augmentant « l’impression » d’insécurité et les risques de débordements.
  • Le logement social dans sa forme actuelle a-t-il de l’avenir ? Comment favoriser la mixité ? Comment « enjoindre » toutes les communes à disposer de tels logements car l’obligation purement financière n’a pas d’effet : la loi SRU prévoit une obligation de  20 % de tels logements ? Comment améliorer et proposer des logements sociaux BBC : la nouvelle taxe sur les revenus des Sociétés d’HLM va amputer les possibilités d’investissement

Danielle Magand
Conseillère Municipale d’Annonay

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